Tilda Bloom avait pour nom de
jeune fille Bloom, elle était la
fille d’Abel et la petite fille
d’Abraham Blum, et c’est à
Ellis Island que son grand-père
est devenu Bloom.
Abraham Blum avait fui
Berlin, puis Paris, pour venir se
réfugier pour un temps qui
devait être le restant de sa vie à
New York.
Abraham Blum, ne retourna
jamais à Berlin, de son vivant,
ce fut la mission de son fils de
ramener ses cendres à Berlin,
ce qu’il ne fit pas, ce fut la
mission de Tilda.
Tilda Bloom née Bloom,
n’avait aucun souvenir de son
aïeul, excepté d’un homme
qu’on disait austère qui ne se
remit jamais de son exil.
Tilda Bloom née Bloom, ne
parlait pas l’allemand à
l’inverse de son père.
Abraham Blum apprit à son fils
Abel Bloom l’allemand, le
français puis l’anglais.
Abel Bloom apprit à sa fille
Tilda Bloom l‘anglais et le
français, l’allemand étant la
langue des parents.
Abel Bloom se souvenait
qu’enfant son père parlait avec
sa mère Myriam Blum
née Charmatz, le yiddish.
Abraham Blum disait que
c’était une langue morte, morte
dans l’ancien foyer. Pour
Abraham Blum l’apatride :
c’était la langue de l’ancienne
histoire, de l’ancien continent.
Abraham Blum n’apprit pas
cette langue à son fils Abel
Bloom, comme Abel Bloom
n’apprit pas à sa fille Tilda, la
langue allemande.
Tilda Bloom promit à son père
d’honorer la promesse qu’il
avait faite à son père.
Tilda Bloom née Bloom,
proposa à son mari de partir à
Berlin.
Tilda Bloom née Bloom à
l’inverse de son père quitta
Brooklyn pour Paris.
Tilda Bloom a vécu des années
à Paris, puis à Chicago, retour
à Paris et puis Tilda Bloom est
revenue chez elle, à Brooklyn
et c’est lors d’une fête de
famille, qu’elle fit la
connaissance de Simon Bloom.
Simon Bloom aimait Tilda, et
Tilda aimait que Simon Bloom
l’aimât.
Tilda Bloom avait passé toute
sa vie à fuir, les gens et les
êtres, selon son mari c’est ce
qui a fait d’elle une
photographe.
Tilda Bloom née Bloom avait,
tant que faire se peut, reculé le
moment de porter les cendres
d’Abraham Bloom, dans
l’ancien quartier de son
enfance : à Mitte.
Abraham Bloom avait vu le
jour à deux rues de l’ancienne
Synagogue. Il voulait que ses
cendres soient dispersées dans
le jardin de son immeuble.
Tilda Bloom avait un fils qui
avait pour prénom : Anton.
Tilda Bloom de retour de
l’enterrement de son père se
souvint de l’urne, de l’urne
d’Abraham Blum, c’est ainsi
qu’elle se rappela avoir
demandé à son père ce que
c’était et de s’entendre
répondre : une promesse !
Tilda Bloom hésita avant de se
décider à partir avec son fils
Anton pour s’acquitter de la
promesse…
Anton Bloom est un jeune
homme rétif à tout ce qui
pouvait se rapprocher de plus
ou moins loin à une contrainte.
Mais l’idée de fêter son
vingtième anniversaire à
Berlin, l’enchanta. Il était né
dans la nuit du 9 au 10
novembre.
Simon Bloom ne pouvait les
accompagner.
Anton Bloom eut une
intoxication alimentaire le jour
de son départ, le 8 novembre,
c’est ainsi que Tilda Bloom
partit seule à Berlin avec les
cendres d’Abraham Blum.
Tilda Bloom décida de faire le
grand tour des stations de
métro, une topographie de
l’histoire récente et passée, et à
chacune de ces stations de
prendre en photographie l’urne.
Friedrichstr.
Französische Str.
Alexanderplatz
Brandenburger Tor
Weinmeisterstr.
Bernauer Str.
Potsdamer Platz
Beusselstr
Wedding
Wittenbergplatz
Oranienburger Tor
Oranienburger Str.
Tilda Bloom, s’arrêta après
avoir déposé les cendres dans
le jardin, à Rosenthaler Platz,
elle alla dans le café Oberholz,
et se dirigea vers une table
moins occupée que les autres,
et elle fut agréablement
surprise d’entendre la personne
qui lui faisait face s’exprimer
en Français, elle se présenta, et
son urne ne manqua pas
d’intriguer la personne qui lui
faisait face et qui de la main
finit par la montrer, c’est une
promesse dit-elle avant de
poursuivre, c’est ainsi qu’elle
raconta à la jeune femme qui
se prénommait Ana la
promesse… à la même table,
une troisième personne qui
était derrière son écran
d’ordinateur écrivit l’histoire
d’Abraham Blum.
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